Les cheveux poussent en moyenne de 1 à 1,5 cm par mois, que vous ayez fait un lissage brésilien la veille ou une coloration le mois dernier. Ce rythme de croissance est déterminé par l’activité des follicules pileux au niveau du cuir chevelu. Les traitements chimiques appliqués sur la fibre capillaire ne modifient pas cette vitesse biologique. La confusion vient d’ailleurs : ce n’est pas la pousse qui ralentit après ces traitements, mais la longueur qui se conserve moins bien.
Pousse des cheveux après un lissage brésilien : ce que mesurent les trichologues
Un lissage brésilien agit sur la structure externe du cheveu, pas sur le bulbe. La kératine déposée gaine la fibre, la rend plus lisse et réduit les frottements entre les mèches. La croissance mesurée à la racine reste stable, autour de 1 à 1,5 cm par mois, y compris dans les semaines qui suivent le traitement.
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Les trichologues constatent même un effet paradoxal à court terme : la rétention de longueur peut s’améliorer juste après un lissage bien réalisé. La fibre, mieux gainée, casse moins aux pointes. Résultat, les cheveux semblent pousser plus vite alors que seule la casse a diminué.
Cette observation ne tient que sous certaines conditions. Le lissage doit être correctement formulé (sans formaldéhyde, pH maîtrisé) et les températures de plaques doivent rester raisonnables. Au-delà d’un certain seuil thermique, la fibre fragilisée finit par se rompre en longueurs, annulant le bénéfice du gainage.
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Coloration, décoloration et vitesse de croissance capillaire
Le même principe s’applique aux colorations. Une coloration, même répétée, ne ralentit pas la vitesse de pousse à la racine. Le follicule continue de produire du cheveu au même rythme. Les colorations oxydatives et surtout les décolorations fortes altèrent en revanche la structure interne de la fibre, en soulevant les écailles de la cuticule et en dégradant les ponts disulfures.
Le résultat concret : des cheveux plus poreux, plus secs, qui cassent plus facilement. Quand une personne colorée observe que ses cheveux « ne poussent plus », c’est généralement que la casse en longueurs compense la croissance à la racine. Les centimètres gagnés en haut sont perdus en bas.
Distinguer repousse chimique et repousse post-chimiothérapie
Les sociétés savantes de dermatologie insistent sur un point souvent mélangé dans les forums : la repousse après une agression chimique (coloration, lissage) n’a rien à voir avec la repousse après une chimiothérapie. Dans le premier cas, le follicule n’a jamais cessé de fonctionner. Dans le second, les cellules souches du bulbe ont été temporairement inhibées par le traitement anticancéreux, et la reprise de la croissance suit un calendrier différent.
Confondre ces deux situations conduit à des attentes irréalistes et à l’achat de produits « accélérateurs de pousse » qui n’ont aucune action sur un follicule déjà actif.
Risques réels des lissages sur le cuir chevelu et les follicules
Si la vitesse de pousse reste intacte après la plupart des traitements, un cas de figure mérite une attention particulière. Certains lissages ou défrisages très alcalins, appliqués trop près du cuir chevelu, peuvent provoquer des brûlures chimiques et des micro-cicatrices au niveau des follicules.
La Skin Health Alliance (Royaume-Uni) rappelle que ces lésions peuvent conduire à une alopécie cicatricielle localisée, c’est-à-dire une perte définitive de cheveux sur les zones touchées. Le follicule détruit ne repousse pas. Cette situation n’affecte pas la vitesse de croissance globale, mais diminue le nombre de cheveux capables de pousser sur les zones lésées.
Les signaux d’alerte à surveiller après un lissage ou un défrisage :
- Des rougeurs persistantes ou des croûtes sur le cuir chevelu dans les jours qui suivent le traitement
- Une sensation de brûlure pendant l’application qui dure plus de quelques secondes
- Des zones clairsemées apparaissant progressivement aux tempes ou sur la ligne frontale, là où le produit est souvent appliqué en excès
Ces cas restent liés à des erreurs d’application ou à des formulations non conformes, pas au principe du lissage lui-même.

Facteurs qui influencent réellement la vitesse de pousse des cheveux
Puisque ni le lissage ni la coloration ne modifient le rythme de croissance, qu’est-ce qui le détermine ? Les facteurs sont principalement internes.
- La génétique fixe la fourchette de base : les cheveux de type asiatique tendent vers le haut de la fourchette, les cheveux crépus se situent plutôt autour de 0,8 à 1 cm par mois, les cheveux caucasiens entre les deux
- L’état de santé général, et notamment le statut en fer, zinc et vitamines du groupe B, influence directement l’activité du follicule
- Les variations hormonales (grossesse, ménopause, troubles thyroïdiens) peuvent accélérer ou ralentir temporairement la phase de croissance active du cheveu
- Le stress chronique peut précipiter un nombre anormal de follicules en phase de repos, provoquant un effluvium télogène qui réduit la densité sans changer la vitesse de pousse individuelle de chaque cheveu
Aucun soin externe (masque, huile, sérum) n’a démontré la capacité de modifier significativement cette vitesse programmée. Les soins capillaires agissent sur la fibre existante, pas sur le follicule. Ils peuvent réduire la casse et améliorer la rétention de longueur, ce qui donne une impression de pousse plus rapide, mais le rythme biologique reste le même.
Rétention de longueur après un traitement chimique : le vrai levier
Plutôt que de chercher à accélérer la pousse, la stratégie la plus efficace après un lissage ou une coloration consiste à maximiser la rétention de longueur. Chaque centimètre qui ne casse pas est un centimètre gagné.
Cela passe par des gestes simples : espacer les traitements chimiques, limiter la chaleur des outils coiffants, utiliser des soins qui referment la cuticule (pH acide), et couper régulièrement les pointes abîmées avant que la casse ne remonte plus haut sur la tige.
La question « de combien de cm poussent les cheveux par mois après un lissage ou une coloration » appelle donc une réponse en deux temps. La pousse reste identique, entre 1 et 1,5 cm. La longueur visible gagnée dépend entièrement de la capacité de la fibre traitée à résister à la casse au quotidien.

