21, c’est le nombre de jours moyen pour qu’une nouvelle habitude s’installe dans le cerveau humain. Et quand il s’agit d’arrêter de se laver les cheveux, ce chiffre prend tout son relief. Les traditions capillaires varient d’un continent à l’autre, d’une génération à la suivante. Pendant que certains professionnels plaident pour l’espacement des shampoings à une ou deux fois par semaine, d’autres persistent dans la routine quotidienne.
Des concepts comme le no-poo ou le low-poo bousculent les pratiques, invitant à repenser l’équilibre naturel du cuir chevelu. L’impact d’une réduction, voire d’un arrêt complet des lavages, intrigue de plus en plus, aussi bien chez les spécialistes que chez les curieux de santé capillaire.
Pourquoi la fréquence de lavage des cheveux fait débat aujourd’hui
Impossible d’ignorer la vague qui secoue nos salles de bain : le lavage des cheveux se réinvente à coups d’alternatives et de débats passionnés. Pendant des décennies, le shampoing s’est imposé comme un réflexe tous les deux jours, sans tenir compte des particularités de chacun ni des agressions que subit le cuir chevelu. Pourtant, le sébum, ce film protecteur naturellement sécrété, joue un double rôle : il hydrate la peau sous les cheveux et protège la fibre capillaire. Quand les lavages s’enchaînent, le sébum disparaît ; si on lève le pied, il s’accumule et finit par saturer racines et longueurs.
Dans la composition des shampoings industriels, on retrouve des tensioactifs, des parabens, des silicones et des conservateurs. Leur effet lavant, parfois trop puissant, bouleverse l’équilibre du cuir chevelu, surtout en usage fréquent. Alors, pourquoi infliger à ses cheveux ce mélange, alors que le bon rythme dépend surtout de son environnement et de ses besoins ? En ville, la pollution impose souvent deux lavages par semaine, alors qu’à la campagne, un seul suffit selon les recommandations de dermatologues.
Les particules urbaines et les résidus de produits coiffants s’invitent sur la tête, mais espacer les lavages ou adopter un shampoing bio plus doux peut aider à préserver la santé du cuir chevelu. Faut-il privilégier la propreté visible, la vitalité du cuir chevelu ou la naturalité des soins ? Les partisans du no-poo et du low-poo encouragent à revoir notre rapport à la propreté, tandis que d’autres valorisent la sécurité des formules modernes. La question de la fréquence de lavage s’impose aujourd’hui comme un sujet de société, entre science et mode de vie.
Que se passe-t-il vraiment quand on arrête de se laver les cheveux ?
Mettre un frein au shampoing, c’est d’abord traverser une période de transition pas toujours flatteuse. Les adeptes du no-poo le racontent : sans lavage fréquent, le cuir chevelu se met à produire du sébum en excès. Résultat ? Cheveux plus gras, alourdis, parfois accompagnés de pellicules et de démangeaisons. Cette phase, souvent inconfortable, marque l’adaptation du cuir chevelu à une nouvelle cadence. Margaux, convertie au no-poo, se souvient de plusieurs semaines de patience, le temps que son cuir chevelu trouve son rythme.
Pour d’autres, la cure de sébum, soit un mois sans lavage, devient une expérience à la fois déstabilisante et libératrice. Céline Mennetrier, Rose ou encore Sam, qui ne se lave les cheveux que deux fois par mois, évoquent un retour graduel à l’équilibre : le sébum se régule, les cheveux gagnent en souplesse. Un coup de brosse matin et soir, et le sébum se répartit sur toute la chevelure, débarrassant au passage poussière et impuretés.
Le chemin n’est jamais linéaire. Certains cuirs chevelus résistent, d’autres s’apaisent. Virginia, qui n’a pas touché à un shampoing pendant huit mois, observe une chevelure moins sèche, des cheveux plus brillants, mais aussi la nécessité d’adopter de nouveaux gestes, comme le massage du cuir chevelu à l’eau claire. Cette régulation du sébum incite à se demander si la fréquence de lavage habituelle est vraiment adaptée à tous. Ces expériences encouragent à écouter davantage les besoins de son cuir chevelu, sans se laisser guider par les automatismes.
No-poo, low-poo, cure de sébum : quelles alternatives au shampoing classique ?
Repenser le lavage de ses cheveux, c’est ouvrir la porte à toute une série d’alternatives. Le no-poo consiste à réduire, voire supprimer, le shampoing traditionnel. On préfère alors l’eau claire et quelques massages du cuir chevelu, pour stimuler la régulation naturelle du sébum et éviter l’exposition répétée aux tensioactifs, silicones et autres agents conservateurs.
Pour celles et ceux qui préfèrent avancer par étapes, le low-poo propose un compromis : des produits lavants plus doux, souvent sans sulfates, et parfois parfumés aux huiles essentielles. Les adeptes se tournent vers des formules bio, des après-shampoings nettoyants ou encore des shampoings solides, avec des marques comme Lamazula, IsaBulles ou Lush.
La cure de sébum, quant à elle, séduit par sa simplicité : on cesse tout lavage pendant une période définie, mais on s’astreint à un brossage minutieux matin et soir. Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, voici quelques outils et astuces couramment utilisés :
- L’argile, qui absorbe l’excès de sébum
- Le bicarbonate, à utiliser ponctuellement pour nettoyer
- Le vinaigre de cidre en rinçage, pour refermer les écailles et donner de la brillance
- La fécule de maïs ou la farine de pois chiche, utilisées comme shampoing sec pour matifier les racines
Certains ajoutent à leur routine des œufs pour leur pouvoir lavant et réparateur, ou encore de la farine de seigle, reconnue pour son effet doux et équilibrant. Longtemps marginales, ces méthodes gagnent en visibilité, des rayons des magasins spécialisés jusqu’aux salles de bains de plus en plus nombreuses, portées par une volonté de simplicité et de retour à l’essentiel.
Des cheveux en meilleure santé ? Ce que révèlent les expériences et études
Libérer son cuir chevelu des shampoings classiques intrigue, fascine et suscite de nombreux témoignages. Cheveux plus doux, racines moins grasses, boucles mieux dessinées : les adeptes du no-poo et de la cure de sébum n’hésitent pas à partager leurs constats. Lorraine Massey, à travers sa méthode Curly Girl, a popularisé une routine plus épurée, respectueuse de la fibre capillaire. Elodie-Joy Jaubert, autrice de J’aime mes cheveux, évoque des cheveux moins sujets aux frisottis, plus denses et bien hydratés.
Les histoires abondent : Margaux, après six mois sans shampoing, voit ses cheveux gagner en brillance. Virginia, huit mois sans lavage, note que ses cheveux regraissent moins vite, même si la période de transition a été marquée par des démangeaisons, une sensation de lourdeur et l’apparition de pellicules. Céline Mennetrier, Rose ou Sam rapportent des résultats comparables, nuancés par l’environnement, le niveau de pollution ou encore l’utilisation de produits coiffants.
Côté recherche, les études restent peu nombreuses, mais une tendance se dessine : espacer les lavages permettrait au cuir chevelu de mieux réguler son sébum et de limiter les micro-agressions liées aux tensioactifs et autres additifs. À Grenoble, la cure de sébum a été mise en avant pour ses effets positifs sur la santé capillaire, même si chacun doit adapter sa routine.
Voici ce qui ressort le plus souvent des retours d’expérience et des études existantes :
- Chevelure plus brillante, moins sujette à la casse
- Moins de démangeaisons pour ceux qui adaptent leur routine
- Une période de transition parfois délicate, qui demande patience et observation
La clé, c’est l’écoute : chaque cuir chevelu a ses propres besoins. Ajustez la fréquence, adaptez vos gestes, privilégiez le brossage. Les cheveux ne se transforment pas du jour au lendemain, mais ils retrouvent souvent un équilibre que l’on croyait perdu. Un pari sur la patience, plus qu’une révolution immédiate.


